On en est là !

A la mi-mars, le Dow Jones (la bourse de New York) avait chuté de 10% en un mois (il est remonté de 5% la dernière semaine) et le Nasdaq (l’indicateur boursier des nouvelles technologies) était tombé de 15%. Mais mieux encore l’action de Tesla a perdu la moitié de sa valeur de mi-décembre.

Durant cette période notre CAC 40 gagnait 10% comme tous ces homologues européens.

Les plus fervents défenseurs de la démocratie trouvent une joie non contenue dans cette preuve de la méchanceté de Donald TRUMP. Ils y lisent une rédemption par le marché.

Donc on en est là !

J’y vois plutôt la mécanique d’un vieux dicton de la Bourse « acheter au son du canon et vendre au son du clairon » pas trop rassurant.

L’Europe se prépare à la guerre, à injecter des sommes en centaines de milliards d’euros. Nul doute que beaucoup de joueurs (on appelle cela parfois des investisseurs) y décèlent un appât du gain. Les dirigeants veulent une paix en Ukraine. Quand bien même celle-ci se ferait avec l’accaparement de leurs terres rares, cela ne suffit pas à calmer les opportunistes. Je n’ai pas le moindre doute que la première attaque sur les montagnes du Yémen, une belle reprise des hostilités à Gaza ou ailleurs rassurera tous les gestionnaires de fonds.

Bien sûr, il y a les voitures du triumvir Elon Musk. Ce dernier se rémunère en milliards d’euros de prestations par l’état américain et dans une corruption généralisée qui gangrène ce pays essaie d’obtenir des informations stratégiques pour ses firmes alors qu’il doit rappeler tous les pick-up de sa marque parce que la colle pour fixer la carrosserie ne tient pas.

Le président américain a acquis une bagnole pour faire de la pub à son collègue. Il n’a pas hésité à qualifier de terroriste ceux qui s’en prenaient à ces caisses. La question se pose : boycotter ces machines ne devrait-il pas être puni par la loi ? Poussons plus loin : tous les foyers du monde ne devraient-ils pas en acheter au moins une à de « génial entrepreneur » ?

Les mêmes politiciens qui se réjouissent de la chute du cours s’offusquent des appels au boycott des produits américains. Le boycott, c’est mal ! La baisse des ventes, c’est vraiment bien ! Nos dirigeants sont tout à la fois très heureux de la déconfiture commerciale de la firme d’Austin, tout en quémandant l’absence de toute action coordonnée qui prônerait… ce résultat. L’expression de Chevènement « le bal des faux-culs » connaît ici une nouvelle illustration.

Il y a des gens qui mettent le feu à des concessions de cette marque ? « C’est mal », disent-ils en chœur, tout en souriant sous cape : « c’est quand même pas mal ! ».

La résistance d’en haut et celle d’en bas

Dans les milieux autorisés (au sens de l’absurdité chère à Raymond Devos et non pas dans une dimension complotiste), la chute de la Bourse par les financiers est une initiative excellente, celle provenant d’un bas peuple rechignant à aller au râtelier de la consommation est presque vulgaire. Dire que les premiers se servent des seconds pour des accaparements serait une impolitesse.

La réalité me paraît beaucoup plus simple.

Le sénateur Malhuret a fait cette tirade sur l’ennemi Poutine et le traître Trump. En fait ce sont deux dictateurs. On semble découvrir que les États-Unis ne sont pas une démocratie, que ce pays a engendré (républicains et démocrates confondus) des coups d’État, des rackets sur des populations et des territoires entiers, des corruptions, des ingérences y compris chez ses « alliés », comme ici en France ou la CIA a financé la création du syndicat FO pour contrer la CGT.

Chacun y va de sa définition, le trumpisme est-il un nazisme, un fascisme, un autoritarisme de plus ? 

Les États-Unis ne sont pas encore une dictature, Trump est déjà un dictateur. Ce n’est pas la même chose.  Mais pour des dirigeants veules, ce n’est pas poli de dire cela. La dictature n’est pas le contraire de la démocratie. Le contraire de celle-ci est la non-démocratie. Et il en existe des kyrielles d! La dictature par extension de la phrase de Françoise Giroud sur le fascisme apparaît ainsi. « Elle ne dit jamais son nom, elle rampe, elle flotte, quand elle montre le bout de son nez, on dit : « c’est elle, vous croyez ? Il ne faut rien exagérer ! » Et puis un jour, on la prend dans la gueule et il est trop tard pour l’expulser ».

Donc les Turcs, les Russes, les Hongrois, les Israéliens se sont fait confisqué le peu qu’ils avaient ou auraient pu avoir de démocratie. Ils vivent dans des non-démocraties. Ces dirigeants argumentent souvent en disant : « vous croyez que l’Iran, la Corée du Nord, La Chine ou le Hamas, c’est mieux ? »

Déclarer ces dirigeants comme plus s que soi est une tactique qui semble suffire ! Oui, il y a pire, mais ce n’est pas une raison pour leur ressembler.

Les États-Unis de Trump, JD Vance et E. Musk suivent ce chemin. Trump n’est pas qu’un traître, il est un ennemi.En prendre conscience de manière générale serait plus rassurant que de voir les seuls gestionnaires de fonds en gardiens bienveillants de la devise « Liberté, égalité, fraternité » ! On en est là !

Réponse

  1. Avatar de ferrara

    tu t’étonnes que démocratie est essentiellement un combat sans fin contre toutes autres tentatives de figer le monde

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