
Jaurès retrouve une modernité supplémentaire dans sa réflexion sur les impérialismes qu’il dénonçait comme un danger pour la paix. Ce ne sont plus les mêmes pays, mais les logiques sont les mêmes :
- Les grandes puissances sont en compétition pour des colonies, des ressources naturelles au détriment des peuples.
- Elles sont le prolongement du capitalisme, maintenant financiarisé et hors de contrôle des états.
Si le Sud-est asiatique et l’Afrique étaient les terrains d’affrontements des empires essentiellement européens, aujourd’hui, tout espace peut devenir une cible des prédateurs de ce premier quart de 21e siècle. Il y a eu la Géorgie, l’Ukraine pour le dictateur russe, les îles Spratleys et Taïwan pour Xi-Jinping, la bande de Gaza, le Golan et la Cisjordanie pour Netanyahou, le nord de la Syrie pour Erdogan, Le Groenland et l’ouest de l’Ukraine et ses terres rares pour Trump. Même Orban serait d’accord pour dépecer une petite région de ce pays à la minorité hongroise.
Et l’on découvre à cette occasion, que ces états ne sont pas, ne sont plus, démocratiques, mais des régimes mafieux pratiquement les expéditions punitives ou « préventives » ou le racket. La majeure partie de ces autocrates se déclarent d’ailleurs comme des ennemis de la démocratie.
Mais la caractéristique principale est l’analogie avec les modèles mafieux. Les caïds de toutes les villes du monde infectées par ce mal incroyable font tous pareils. Ils rançonnent des commerces, des PME. En contrepartie, ces entreprises ne doivent pas être importunées par l’association de malfaiteurs qu’ils dirigent et « garantissent » la protection de bandes rivales.
Les victimes – nous en faisons partie – n’ont pour seule option que de choisir celui qui les extorque. À moins de décider de résister. Cela se complique.
Car les candidats à cet affrontement suprême sont nombreux. Ils sont nos ennemis, nous aurons du mal à les nommer, et ils ont des relais chez nous.
Il s’appelle Trump, Poutine, Xi, MBS, Erdogan, Orban, Milei. Mais ils sont aussi des empires privés autour des géants de la Tec outre-Atlantique. Ou encore, ils sont les émanations de religions absolutistes, et elles en portent toutes les ferments. Ces trois formes impériales se mêlent à souhait pour étendre leur emprise mafieuse. Les oligarques de la Russie ont l’obligation d’être au pli du locataire du Kremlin soutenu par le pope millionnaire de Moscou. Pas dce différence aux USA ou les grands patrons du net ont adoubé le nouveau président américain et les évangélistes et autres fous d’un dieu sont de la partie. Idem en Inde, en Turquie, en Arabie Saoudite.
Jaurès prétendait que cela finirait mal et que seule la coopération entre les peuples était la solution. On ne saura jamais.
Aujourd’hui, nous découvrons des Canadiens qui boycottent les produits américains. La présidente du Mexique, ou celui de la Colombie donnent la leçon au « cinglé du Capitole ». Les Danois lancent une cagnotte pour acheter la Californie. Salomé Saqué parle de « Résister ». Les humoristes qui restent dans le monde libre s’en donnent à cœur joie.
Ne pas se laisser entraîner dans cette tourmente mafieuse consiste à ne pas y contribuer.
PS : Sur les mafias, suivre Clotilde Champeyrache

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