Les 3 repoussoirs

Personne n’a oublié le résultat du premier tour de la présidentielle 2022.

E. Macron :  27,84%

M. Le Pen : 23,15%

J.L. Mélenchon : 21,95%

Deux ans se sont écoulés et ces trois acteurs contribuent à rythmer l’actualité de ce pays. Mais à force de sondages et plus encore de scrutins en tout genre, nous n’en finissons plus des barrages républicains ou autres.

Les enquêtes d’opinion disent que le leader Maximo de LFI serait parmi les dirigeants politiques les plus détestés. Au vu des prédictions des instituts dans l’entre deux tours pour les parlementaires, nous sommes censés les croire.

Les élections européennes et le premier round des législatives ont démontré par la « preuve » des urnes que c’était le président l’homme public le plus rejeté. À l’inverse des deux autres du podium de 2022, toutes les listes aux Européennes s’interdisaient de travailler avec celle de ses représentants. Celles-ci totalisaient 85% des suffrages exprimés.

Au premier tour de scrutin, consécutif à la dissolution, les alliés du camp macroniste courraient un vrai danger si un front républicain ne se mettait pas en place. À noter toutefois que le score des candidats de ce camp aura été supérieur à celui réalisé par V. Hayer. Celle-ci était trop accolée à l’image du président qui faisait office de repoussoir. Les postulants à l’AN ignoraient superbement la photo d’E. Macron sur leurs affiches, afin de ne pas subir les foudres de leurs électeurs.

Le second tour allait démontrer que M. Le Pen, malgré toute la propagande médiatique en sa faveur et la mise en scène de J. Bardella en Premier ministre dans un costume trois-pièces, que les Français, au-delà même des consignes des politiques en faveur d’un front populaire, ont surtout créé un front anti RN.

J.L. Mélenchon aura été repoussé deux fois : premier tour en 2022 et un score en deçà des 10% aux Européennes.

M. Le Pen à deux reprises aussi : second tour en 2022 et second tour des législatives 2024.

E. Macron et ses deux rebuffades : aux Européennes et au premier tour des législatives.

Les trois totalisaient 72% des voix en 2022. 

Il est urgent de repenser la logique de désignation dans notre démocratie. La compétition rend fous les discours de campagne, dans le fond, mais plus encore dans leur forme. Il n’est qu’à contempler les petites phrases, les caricatures qui ne sont pas sans rappeler les joyeusetés de la presse d’entre les deux guerres.

Quel que soit le gouvernement, la refonte du système électoral doit faire partie des priorités de son agenda.

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