Une diode est un composant électronique qui permet de laisser passer le courant dans un sens, mais ne fonctionne pas dans l’autre.
C’est comme cela que passe le courant parmi les électeurs du front républicain. Ceux qui sont le plus à gauche ne rechignent pas à mettre un bulletin macroniste ou des républicains. Les candidats et leaders de ces formations ne font pas mystère de ce comportement. Ce fut spectaculaire, car parmi les candidats, il n’y eût pratiquement aucune dérogation à cette règle.
Les choses sont moins claires avec les dirigeants du camp présidentiel ou des Républicains « canal historique ».
Et par conséquent cela devient notable à l’observation de ce qu’il se passe du côté des électeurs.
Un département est caricatural de ce fonctionnement : l’Ain
Dans 3 circonscriptions (La 1, la 2 et la 5), on retrouve une répartition des scores remarquables de similitudes. Dans chacune d’entre elles, le candidat RN arrive en tête avec 39% à chaque fois. Les trois seconds sont un LR (dans la 1), un Ensemble (dans la 2), Un NFP (Nouveau Front Populaire) dans la 5. Ces 3 candidats font tous 24%.
La différence pour le second tour n’en sera que plus flagrante

Dans la première, le candidat LR fait plus de voix au second tour que la somme des siennes, du candidat NFP et du candidat Ensemble au premier tour. La plus forte mobilisation au second tour n’amène pratiquement rien au candidat RN. Les voix de gauche sont allées quasiment à 100% sur le candidat de gauche. Large victoire du front Républicain.

Situation similaire dans la seconde avec un second, issu des rangs macroniens. À quelques voix près, il réalise la somme Ensemble plus NFP et LR du premier tour. Le RN ne gagne que les voix de Reconquête et certainement quelques LR. Ici aussi, une large victoire du front Républicain.

Mais dans la cinquième, les choses vont tourner différemment. C’était pourtant celle où le RN réalisait le plus faible score de son parti sur ces 3 exemples. Le Front républicain présentait un potentiel de plus de 30.000 voix pour la candidat NFP arrivé second lors du premier tour. Non seulement il manquera 10.000 bulletins sur son nom, mais plus de 6.000 de ces voix imaginées comme appartenant à ce front républicain sont allées sur un candidat antirépublicain.

La conclusion est simple. Le front républicain ne tient que par son pendant gauche, l’autre côté est chancelant.
Cela pose plusieurs problèmes. Les candidats LR et Ensemble ne cessent de stigmatiser, insulter la gauche qu’entre les deux tours où ils ont besoin des électeurs. Au vu de ce qu’il s’est passé le 7 juillet dernier, on aurait pu imaginer une plus grande modération dans la violence des propos des plus extrêmes des députés du camp présidentiel ou des Républicains. Mais il n’y avait rien à attendre, et le mépris d’une partie de la gauche qui ne leur va pas à l’assemblée, mais qui leur va si bien dans les urnes.
La tyrannie viendra des électeurs de gauche qui, dégoûtés par ces comportements, ne reviendront pas au second tour. Pire encore, s’il y avait un jour une instruction nationale pour ne pas être de ce barrage, le raz-de-marée frontiste serait général. La tentation apparaîtra tant le camp centriste est devenu totalement artificiel. Il n’existe pas sans les électeurs de gauche !À noter que si une proportionnelle avait eu lieu dans le département, il y aurait eu 2 députés RN, 1 NFP, 1 Ensemble et 1 LR. Le scrutin majoritaire a ôté un député de gauche pour un RN grâce à la complicité des électeurs libéraux qui n’hésite pas à voter dans l’arc antirépublicain. Pas sûr néanmoins qu’une proportionnelle ait envoyé les candidats vainqueurs ici à la l’Assemblée.


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